mercredi 25 juillet 2012

On fait le bilan.


Voilà déjà deux semaines que je suis rentrée du bout du monde et il est temps de dresser le bilan de cette folle aventure. Deux semaines de lutte acharnée pour ne pas retrouver la vieille routine, deux semaines à chercher unsourire chaleureux dans la foule anonyme de Paris (en vain), à provoquer desrencontres comme on en faisait tous les jours. Deux semaines que je me dis quevraiment Paris n'est pas la ville qu'il me faut, deux semaines à voir messouvenirs s'éloigner sans que je puisse vraiment les retenir.

Si je ne dois retenir qu’une seule chose, c'est que ce voyage aura dépassétoutes mes attentes, que c’était encore meilleur que mes rêves les plus fous.Quinze ans que j’en parlais…

Ca vous grandit un voyage pareil. Ca vous retourne et vous change sansque vous puissiez vraiment mettre des mots sur ce qui est désormais différent.On se découvre une force qu'on ne soupçonnait pas, lorsqu'il faut faire face àtoutes sortes de galères toute seule, et que les gens qui vous soutiennentnormalement sont à des milliers de kilomètres. Tout parait plus facile après,accessible. 

J'aurais passé six mois et demi sur les routes, dont deux semaines àSingapour et un mois en Indonésie. Sur ces six mois et demi, j'aurais voyagéseule pendant un peu plus de trois mois et c'était la meilleure partie de monvoyage. Jamais je n'aurais pensé rencontrer tant de gens, vivre tant de choseset m'ouvrir autant à ce qui m'entourait. 

Mais quand on revient, il est dur de partager, de mettre des mots sur cequ'on a pu vivre et ressentir là-bas. On est de retour, mais pas vraiment ;on y a laissé une partie de nous qu’on récupèrera lors d’un prochain voyage. Onretrouve la même vie, la même ville, les mêmes gens et pourtant on estdifférent. Les choses sont à leur place, là où on les a laissées mais on neporte plus le même regard sur elles.

On pense à tout ce et ceux qu'on a laissé derrière nous, aux souvenirsqui s'éteindront petit à petit et nait l'obsession de les garder vivants,intacts le plus longtemps possible.

Même si on a pu avoir hâte de rentrer chez soi à certains moments, legris de Paris qui nous gifle quand on se penche sur le hublot à l'atterrissagefait couler toutes les larmes qu'on a pu retenir jusque-là.

Le premier "Bonjour" en français au contrôle des passeports nesemble pas naturel, puis au fur et à mesure on se rend compte qu'on a oublié lanon amabilité bien française, la couleur des billets de banque, la forme despièces, l'odeur des sous terrains, les voitures qui roulent à droite. On remetsa puce française dans son téléphone mais on ne se souvient plus de son numéro,ni du code d'entrée de son immeuble. On n'est plus très sûr de l'étage nonplus. Et puis finalement on ne sait plus très bien pourquoi on est rentré.

Heureusement, de bonnes choses viennent contrebalancer cette grosseclaque : le visage d'un ami à l'aéroport, les retrouvailles surprises avec la famille,les amis et le chat (qui s'en fout), la razzia sur une boulangerie une heureaprès l'atterrissage, les premières (les deuxièmes et les troisièmes aussi)courses au montant raisonnable et le panier rempli de choses qu'on a hâte deremanger, dormir dans son lit seule dans une chambre depuis bien longtemps, lessoirées à l'appart et le marché en bas de chez soi qui donne au quartier desallures de vacances deux fois par semaine.

Mais très vite on fait de nouveaux projets de voyage, on a chopé levirus. Juste le temps de gagner de quoi repartir quelques mois faire un tourd'Asie. L’Europe aussi avant, car on se rend compte qu’on connait mieux un paysde l’autre côté du globe que nos voisins. 

Ce qui manque le plus, ce n'est pas tant les paysages incroyables qu'ona pu admirer, ce sont surtout les rencontres avec des gens de tous pays, detoute culture, tous les jours. De retour à Paris, on se sent bien seul danscette grosse ville grouillante de gens de mauvaise humeur. Mais ça ne fait rienparce qu'on a connu quelques moments de bonheur et d'insouciance très précieuxqu'il s’agit maintenant de garder bien au chaud.

"Il n'y a que les routes qui sont belles, et peu importe où elles nous mènent."

4 commentaires:

  1. Bonjour je viens de tomber par hasard sur ton blog il est juste superbe

    J'ai adore te lire

    Bonne continuation pour la suite

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    1. Merci ! Ça fait chaud au coeur ! Quique tu sois...

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    2. Merci ! Ça fait chaud au coeur ! Quique tu sois...

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  2. Bonjour

    Allez vous repartir ?

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